Les voitures particulières sont soumises à un Contrôle Technique périodique. A l’initiative du propriétaire du véhicule, qui en assume également les frais (variables selon les centres), Il est effectué par un organisme agréé, dans les 6 mois qui précèdent le 4ème anniversaire du véhicule.

Pas moins de 133 points sont contrôlés sur une voiture. Ces derniers sont classés par niveau de gravité (mineure, majeure, critique). Si le résultat du contrôle est défavorable, une contre-visite est à effectuer dans les 2 mois.

En l’absence de défaillances majeures ou critiques, le Contrôle Technique est valable pour une durée de 2 ans.

 
Résultat du Contrôle Technique
Défaillances constatées Avis Validité du Contrôle Contre-visite
Absence de défaillance majeure et critique Favorable (A) 2 ans à partir du Contrôle Pas de contre-visite
Au moins une défaillance majeure Défavorable (S) 2 mois à partir du Contrôle Obligatoire dans les 2 mois suivant le Contrôle
Au moins une défaillance critique Défavorable (R) Jour du Contrôle  

Qui est concerné ?

Pas moins de 8,7 millions de véhicules diesel sales sont d’ores et déjà concernés. Les centres de contrôle sont pris d’assaut par ceux qui veulent devancer la mesure pour mieux éviter son effet couperet et ainsi s’accorder deux années de répit supplémentaire. Mais ce n’est que reculer pour mieux sauter, car une autre étape du contrôle prévoit, d’ici 2022, l’analyse de cinq gaz polluants qui ne laissera plus passer de voiture, même relativement récente, au travers des mailles du filet.

L’objectif – mieux contrôler les polluants atmosphériques et en particulier les particules fines – est louable et beaucoup de véhicules diesel plus récents seront en effet visés. Pour la première échéance de 2019, cela s’annonce déjà très compliqué pour des modèles aux normes Euro 4 et postérieures.

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Les Euro 3, c’est-à-dire mis en circulation entre 2001 et 2006, et les précédents restent contrôlés selon l’ancienne procédure, car il n’y avait pas à l’époque de mesure d’opacité des fumées dans l’homologation initiale. Donc, pas de référence réglementaire sur laquelle se fonder légalement. En revanche, dès Euro 4, toutes y passeront. Selon l’Organisme technique central qui gère le contrôle technique, le nombre de contre-visites pourrait augmenter de 10 à 15 %.

En quoi consiste ce contrôle ?

La mesure des fumées était jusqu’à cette fin d’année pour le moins indulgente. On peut même se demander à quoi elle servait tant elle se révélait laxiste. Le changement intervient à trois stades : l’équipement du centre de contrôle, la méthode, la norme.

L’équipement. Chaque centre de contrôle doit en effet investir, selon l’estimation de Dekra qui représente un quart du réseau français, entre 1 000 et 1 500 euros pour une mise à jour du matériel et entre 6 000 et 7 000 euros pour un remplacement. Celui-ci est beaucoup plus sophistiqué et précis.

La méthode. Au lieu de mesurer gentiment la voiture à régime stabilisé, le contrôleur muni de son nouveau matériel procédera à des accélérations franches afin de solliciter réellement le moteur, y compris à haut régime. La procédure prévoit au minimum deux mesures et jusqu’à sept si les résultats ne sont pas bons. Elles tiennent compte de la vigueur de l’accélération, du temps de montée en régime et du régime maximal atteint.

La norme. Le seuil d’opacité des fumées a déjà été renforcé depuis mai 2018 (0,7 m-1 au lieu de 1,5 m-1 pour les véhicules Euro 6 mis en circulation depuis 2012) et ne fera à l’avenir que se durcir. Un élément nouveau a toutefois été introduit avec une norme de vieillissement qui prend pour base l’homologation officielle de l’Utac. Un calcul ajuste pour chaque année passée l’obsolescence qui s’installe afin de ne pas rendre le contrôle inatteignable.

Quelles sont les failles recherchées ?

On peut s’attendre, avec cette première strate de sévérisation, à un bond sensible du taux de refus. Les voitures les plus visées sont celles qui effectuent de nombreux petits parcours, ne portant pas suffisamment le moteur à bonne température de fonctionnement. Beaucoup de petits véhicules diesel urbains sont dans le collimateur, notamment ceux mal ou pas entretenus, ce qui est hélas trop fréquent. L’encrassement du filtre à particules (FAP) ou, pire, son démontage pur et simple seront éliminatoires.

Comment réussir le nouveau contrôle ?

Selon Rémi Courant de Dekra, « les projections que nous avons faites laissent penser que le taux de refus pour la seule opacité des fumées devrait passer de 1 % actuellement à 5 à 7 % ». Un chiffre pour l’ensemble du parc assez optimiste et qui ne distingue pas les contrôles de copinage qui avaient encore lieu de ceux, beaucoup plus sévères et connectés au « contrôle du contrôle », qui s’installent.

La première chose à faire est de remonter le FAP s’il a été démonté. La seconde consiste à décrasser le moteur, mais bien peu de garagistes sont en mesure de le faire. Pour Alexis Frerejean, cofondateur du réseau Vroomly, « avec un moteur encrassé, non seulement vous polluez plus, mais vous consommez plus. Votre véhicule vous coûte plus cher en réparation en exposant à la casse des pièces coûteuses comme les injecteurs, la vanne EGR, le turbo ou le FAP ». Ce réseau de réparateurs propose, mais il n’est pas le seul, un forfait de décalaminage à 87 euros très accessible, à répéter tous les 20 000 km au maximum, de quoi éviter les gros problèmes ultérieurs.

Et en effet, le cas le plus fréquent, une vanne EGR complètement encrassée et le petit moteur électrique qui la commande devenu inopérant, réclamera de 400 à plus de 1 200 euros pour son échange. Mais ce n’est pas tout, le remplacement d’un injecteur de gazole (de 400 euros à 600 euros), du turbocompresseur (de 1 000 euros à 3 500 euros), du filtre à particules (de 800 euros à 4 000 euros) situe bien le handicap du diesel : son coût d’entretien très élevé.

Pour éviter les soucis, les petits rouleurs doivent se tourner vers l’essence et laisser le diesel aux professionnels de la route qui le portent à bonne température, longtemps, ce qui évite l’encrassage. Il est indispensable aussi de faire le plein avec un carburant de qualité comme le gasoil premium et d’utiliser périodiquement des additifs de décrassage. Autant de précautions pour échapper à la disqualification par le contrôle technique et pour aider le diesel mieux utilisé et respecté à retrouver une image positive.

Source : https://www.lepoint.fr/automobile/securite/vehicules-diesel-ce-controle-technique-2019-qui-va-les-recaler-04-12-2018-2276369_657.php